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Leur point commun : un sentiment d’échec sur tous les plans de leur vie

Ils sont une centaine de prêtres exorcistes au sein de l’Église catholique en France. À l’approche de la session nationale des équipes d’exorcisme qui se tiendra fin janvier 2026 à Lyon, le prêtre du diocèse du Mans (Sarthe) raconte.

Dominique Auzenet a seize ans de pratique derrière lui. Seize ans qu’il ouvre, au gré des besoins, son livre rouge carmin aux lettres d’or confié par l’évêque de son diocèse : le rituel de l’exorcisme. « Avant d’être exorciste, je réalisais déjà beaucoup de prières de délivrance, j’avais donc une certaine expérience », explique ce prêtre du diocèse du Mans, en Sarthe.


https://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/2026-01-16/il-recoit-200-personnes-par-an-comment-ce-pretre-pratique-l-exorcisme-au-sein-de-l-eglise-catholique-19f80473-08ba-4907-ad07-e737b7d3993e


En France, comme lui, ils sont un peu plus d’une centaine à pratiquer l’exorcisme au sein de l’Église catholique. « Il y a un prêtre par diocèse, en charge du territoire géographique correspondant. Chacun de nous est nommé par un évêque », explique le père Auzenet. Un nombre en hausse ces dernières années : « L’Église s’adapte aux besoins du terrain », souligne-t-il.

Car la demande est réelle : son service reçoit environ 200 demandes par an. « Les gens nous téléphonent, ils viennent d’eux-mêmes. Il faut savoir que notre service est totalement gratuit. »

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Des profils variés

Les personnes qui le contactent n’ont pas un profil type. « Nous accueillons des hommes, des femmes, des jeunes, des croyants ou non. Leur point commun : un sentiment d’échec sur tous les plans de leur vie. » Certains « entendent des bruits dans la maison, sentent des odeurs pestilentielles, voient des formes noires qui traversent la pièce, des verres se cassent… », détaille le père Auzenet, 52 ans de sacerdoce à son actif. Mais, selon son appréciation, « seulement 3 à 5 % sont réellement possédés ».

Dans ce cas, le prêtre entame le rituel de l’exorcisme. Une chronologie détaillée qu’il doit suivre à la lettre. « On va imposer les mains sur la personne en silence, afin d’appeler l’Esprit Saint pour qu’il se saisisse d’elle. Il y a aussi l’exsufflation : on souffle sur la personne, cela chasse les esprits mauvais. » Le prêtre procède également à une prière impérative pour « chasser le démon ». « Les personnes peuvent être agitées, je ne suis jamais seul durant un exorcisme. Cela permet d’assurer la sécurité de tous et le bon déroulement de la séance. À la fin, on est tous fatigué… », ajoute Dominique Auzenet.

L’exorcisme peut durer jusqu’à une heure et demie et nécessiter plusieurs séances, parfois pendant des années.

Le père dit aussi travailler main dans la main avec les médecins : « Parfois, on dit aux personnes qu’il faudrait voir un psychologue ou un psychiatre. Nous, on n’agit pas au niveau thérapeutique, mais bien au niveau spirituel. »

Le père Auzenet se rendra les 27 et 28 janvier 2026 à Lyon, à la session nationale des équipes d’exorcisme qui se tient tous les deux ans. Une manière d’échanger sur leurs pratiques, alors que leur formation initiale est limitée à une seule journée.

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