Faut-il croire Éric Bottalico ?
Analyse de quelques aspects de l’interview
Dans cette interview de 30 mn, E.B. ne fuit pas les questions. Il parle de son expérience, qui est réelle, transmise dans un film (voir l’article ci-dessous) « Souffrance et délivrance » (00.38) et qui sera bientôt consignée dans un livre « L’exorcisme, thérapie de l’âme » (01.00).
Il y a des choses positives dans cette prise de parole
03.26 L’enfermement dans l’échec est une trace importante d’un impact diabolique
05.00 L’accès généralisé aux livres de sorcellerie est un grand danger
12.20 La gravité de la médiumnité, du spiritisme
28.25 Le fait de désirer travailler en complémentarité avec des psychiatres
Il y a des manques de nuance
10.27 La paralysie du sommeil n’est pas obligatoirement le signe d’une possession
10.55 L’enfermement dans l’échec n’est pas une possession, mais le signe que la personne s’est compromise avec l’occulte ; c’est donc un parasitage, un état de liberté diminuée
14.10 Il arrive que des gens qui appelle E.B. pour un exorcisme raccrochent le téléphone lorsqu’il leur impose la condition de filmer l’exorcisme. Contrairement à ce que dit E.B. avec un soupçon de paranoïa, il ne s’agit pas de sorciers qui essaient de s’infiltrer pour éliminer l’exorciste, mais de personnes douées de bon sens qui refusent une condition inacceptable
20.16 Faire passer tous les serial killers qui récidivent comme possédés, c’est un raccourci douteux ; d’ailleurs les interviewers posent bien la question de la responsabilité personnelle…
21.36 Lorsque E.B. dit qu’ « en une fois » les personnes sont libérées, j’aimerais connaître la recette miracle d’un tel succès… à moins qu’il ne s’agisse d’une galéjade marseillaise…
Il y a des affirmations très contestables
08.28 Toute la séquence sur le fait d’obliger le démon à donner son nom pour le dominer (en quelque sorte) est sujette à controverse ; c’est oublier que le démon est menteur
11.27 L’affirmation comme quoi on peut être possédé par un ange serviteur de Dieu (par qqch de positif) est insoutenable, car tout ce qui est d’ordre divin respecte la liberté humaine, et l’ange lui-même refuse qu’on l’adore (voir Ap 22,8-9)
13.44 Le fait que la cartomancie n’est pas si grave que cela, est une erreur, la posture divinatoire étant toujours un péché contre Dieu et une ouverture aux influences diaboliques. On retrouve ici le mélange avec l’occultisme déjà perceptible dans le film Souffrance et délivrance…
01.53 Une affirmation fausse est celle qu’il n’y a plus de prêtre exorciste… En fait, dans l’Église catholique, il existe dans chaque diocèse un service d’exorcisme. Nous recevons dans la France entière des dizaines de milliers de personnes par an. Le fait que cela ne soit pas assez médiatisé est une autre chose. On peut consulter sur le site de la Conférence des Évêques de France la listes des services d’exorcisme de l’Église catholique en France.
Il y a des pratiques à éviter totalement
07.13 Le fait de « maintenir » sur une chaise les personnes lors d’un exorcism : on sait très bien par d’autres vidéos qu’Eric Bottalico attache les personnes par des entraves sur une chaise scellée dans le sol. C’est un manque de respect de la liberté et de la dignité de la personne exorcisée qu’on devrait toujours s’interdire. Mieux vaut s’entourer d’une équipe charger de maintenir la personne agitée pour éviter qu’elle ne se fasse du mal.
14.43 Le fait de filmer les exorcismes est aussi une pratique condamnable à éviter : elle ne respecte pas la dignité d’une personne humaine qui manifeste par une transe diabolique qu’elle est habitée par un ou des démons. Ce n’est pas son état normal, et nous n’avons pas le droit de la fixer numériquement dans cet état, même par crainte de dénonciations abusives (la pertinence d’une équipe entourant l’exorciste a toute sa valeur ici)
Il y a l’histoire personnelle d’E.B.
02.32 Il affirme avoir été libéré par un médium de certaine emprises diaboliques personnelles dues à la sorcellerie
02.56 Ses conceptions énergétiques du corps, sont problématiques : « En l’espace de 2 secondes, j’ai perdu 25 kg (en énergie) »
05.47 Le « double éthérique » en médecine chinoise…
En conclusion
Je suis très frappé par le fait qu’E.B. semble être un homme seul. Dans l’Église catholique, le prêtre exorciste est nommé par l’Évêque du diocèse. Il s’adosse à cette mission reçue : elle lui donne protection, discernement, assistance. Dans ce combat, elle lui évite cette insécurité et paranoïa que l’on peut constater dans les paroles d’E.B. Il s’entoure d’une équipe de laïcs, qui l’aident dans l’accueil, le discernement, la prière. Il participe aux rencontres nationales des équipes d’exorcisme qui a lieu tous les deux ans. Il est supervisé par son évêque.
L’exorcisme dans l’Église catholique
Qu’est-ce que l’Église gallicane ?
Qu’est-ce que le gallicanisme ? Aujourd’hui, il regrouperait plusieurs dizaines de milliers de fidèles en France.
Aux racines du christianisme
La mouvance gallicane, dont la définition a évolué avec le temps, traverse l’histoire du christianisme. Ses racines remontent au IIe siècle de notre ère, quand les Pères de l’Église évangélisent toute l’Europe, y compris en Gaule. Des figures historiques, telles qu’Irénée de Lyon, Rémi de Reims, Hilaire de Poitiers ou Martin de Tours, répandent la foi chrétienne et fondent des rites propres à la Gaule.
L’« Église catholique gallicane de France » situe sa création à l’an 361, durant le Concile d’Arles, où le pape Libère reconnaît Hilaire, alors évêque de Poitiers, comme évêque de l’ « Église des Gaules ». « Ce rituel des Gaules se développe jusqu’au IXe siècle, date à laquelle Charlemagne le romanise pour des raisons diplomatiques », analyse Marc Vincent, qui se présente comme évêque de l’Église catholique gallicane traditionnelle.
La plupart de ces rites tombent alors peu à peu en déshérence. Mais au XVe siècle, alors que le Vatican cherche à remettre en question les libertés de l’Église des Gaules, Charles VII publie une ordonnance, la Pragmatique sanction de Bourges en 1438, qui limite les pouvoirs du Saint-Siège
Durant l’Ancien régime, le gallicanisme sert non seulement à désigner l’Église catholique de France en soi, mais aussi la tendance gallicane qui privilégie notamment l’autorité des évêques locaux à celle du pape et qui s’élève progressivement contre le centralisme romain.
Au fur et à mesure, plusieurs Églises non reconnues par Rome, qui se réclament de la tradition gallicane, naissent en France. Comme, dans les années 1870, l’Église néogallicane, créée par le prêtre excommunié Hyacinthe Loyson, dénonciateur du dogme de l’infaillibilité papale instituée par le concile de Vatican I.
À partir de 1916, Gazinet (Gironde) « devint le symbole du renouveau gallican avec l’arrivée de Mgr Louis-Marie Giraud, qui sera élu Patriarche de l’Église gallicane en 1928 », décrit le site gallican.org. En 1940, le gouvernement de Vichy décrète l’interdiction de l’Église catholique gallicane. Elle n’est rétablie que dix ans plus tard.
Une Église éparpillée
Aujourd’hui, les Églises gallicanes « ressemblent à l’Église catholique romaine d’avant Vatican II », détaille Marc Vincent. La plupart perpétuent la messe tridentine, codifiée à la suite du concile de Trente. Elles ne sont pas reconnues par le Vatican notamment parce qu’elles ne reconnaissent pas l’autorité du pape. Elles autorisent les prêtres à se marier et les femmes à accéder au diaconat. Le site gallican.org liste d’autres disparités : « Pas de confession obligatoire », « Remariage des divorcés », « Élection des évêques par le clergé et les fidèles », etc.
À l’échelle nationale, chaque « Église » – il en existe plusieurs – conserve sa propre autonomie par rapport aux autres. Par exemple, celle issue de la tradition apostolique du Gazinet (Gironde), dirigée par Mgr Thierry Teyssot, évêque primat. Le père Robert Mure, prêtre et recteur de la chapelle gallicane Saint Michel Archange à Montrbison (Loire), insiste sur sa spécificité : « Nous n’avons rien à voir avec d’autres Églises qui portent le nom de gallicans, mais qui affichent des idées réactionnaires, précise-t-il dans le magazine protestant Réveil. Nous avons une théologie résolument progressiste, tout en tâchant de ne pas rompre la communion apostolique ».
À l’inverse, Marc Vincent, de l’Église catholique gallicane traditionnelle, prône un retour à la liturgie d’avant Vatican II. « Les gallicans n’ont pas de chef, de patriarche depuis le XIXe siècle. Chacun gère son Église à sa hauteur, assure-t-il, exprimant quand même le souhait de « fonder une conférence des évêques gallicans de France ».
(extrait d’un article de La Croix du 24 mai 2025, https://www.la-croix.com/religion/qui-sont-les-gallicans-ces-chretiens-qui-ne-reconnaissent-pas-l-autorite-du-pape-20250524)

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